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Paris, valise à roulettes
Le lundi 8 octobre 2012



L’extrême ségrégation spatiale des capitales n’est pas nouvelle : des riches de plus en plus riches se regroupent dans les centres urbains. Ce qui l’est davantage, c’est que ceux-là vivent ponctuellement dans des villes qui ne sont pas les leurs. Où ils ne résident pas habituellement, transformant de fait ces capitales en villes-musées.

Paris n’échappe pas à la règle qui a vu, en l’espace de cinq ans, près de 20.000 de ses logements soustraits du marché locatif traditionnel.

Le phénomène a un nom : la location meublée touristique. Dans certains arrondissements - notamment dans le centre et l’ouest de Paris - ces locations, à la nuitée ou à la semaine essentiellement, peuvent représenter jusqu’à 20% de l’offre locative.

Les prix constatés sont proches de ceux du secteur hôtelier, soit un niveau compris entre le double et le triple des prix des locations traditionnelles. A tel point que la Ville de Paris commence à se réveiller. Transformer un logement en location touristique nécessite désormais une autorisation préalable de changement d’usage avec compensation. La loi prévoit donc qu’une autorisation auprès de la mairie est nécessaire avant de transformer un logement en location courte(s) durée(s) pour une durée inférieure à un an (ou neuf mois pour un étudiant) lorsque la propriétaire ne vit pas dans le logement.

Exemples : Mme X s’absente un mois et loue sa résidence principale à Paris durant cette période à des touristes : elle n’a pas besoin de cette autorisation. M. Y possède un logement à Paris qui n’est pas sa résidence principale, il le loue à la nuitée ou à la semaine pendant l’année : il doit préalablement demander une autorisation.

Sauf que. Sauf que dans les faits, cette demande n’est jamais posée dans les règles. Et même si un propriétaire contrevenant s’expose à une amende de 25.000 euros et une astreinte d’un montant maximal de 1000 euros par jour et par mètre carré jusqu’à régularisation, la vérité des chiffres parle d’elle-même : pour l’heure, seules vingt situations ont été condamnées par le procureur de la République...


Programmation musicale :
-  "Si tu t’imagines", de Juliette Greco

-  "Belleville", par Java


Crédit photo : unicellular/Flickr Creative Commons



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le 8 novembre 2012 - 11h37, par Rémi

Bonjour,

J’attire votre attention sur la fiabilité des informations données dans cet article. Pourriez vous citer vos sources ?

Vous dites que ces 20 000 logements ont été soustrais du marché de la location traditionnelle or nous avons prouvé (et la Mairie de Paris a validé nos chiffres) que ces logements proviennent essentiellement du marché des logements vacants. Pour information, le nombre de logements vacants à Paris est de 116 000 (INSEE).

Ensuite vous affirmez que les prix constatés sont compris entre le double et le triple des prix du marché de la location traditionnelle. Qui a constaté ces prix ? En réalité la différence n’est que de 15 à 20 % (étude Opinion Way). Cette différence s’explique par les services proposés aux locataires, entretien du bien, équipement, mobilier, connexion internet... Le taux de remplissage des locations meublées temporaire est de 6 mois et 20 jours par an.

Par ailleurs, pouvez-vous nous citer quel article de loi autorise le propriétaire dont c’est la résidence principale à louer pour des courtes durées ? Il n’existe pas ! Il faut dans tous les cas demander l’autorisation de transformer son logement en local commercial et ceci soulève d’autres problèmes : premièrement la procédure longue et coûteuse en moyenne 2 000 euros/m², que la plupart des propriétaires ne peuvent pas assurer financièrement (1- Obtenir l’accord de l’assemblée générale des copropriétaires 2-Acheter, dans le même arrondissement, la commercialité d’une surface double de celle du logement : coût moyen : 2000 euros/ m² x2 = 4000 €/ m2. Et cette commercialité est quasiment introuvable aujourd’hui à Paris. 3- Obtenir l’autorisation de la Mairie de Paris ). Deuxièmement 80% des propriétaires (source Opinion Way et APUR) sont des petits propriétaires qui occupent leur logement plusieurs fois par an, or une fois le logement transformé en local commercial il n’est plus possible légalement de l’habiter. Un propriétaire souhaitant louer 1 mois par an sa résidence principale doit donc aujourd’hui, pour être en règle avec la légalité, obtenir un changement d’usage très couteux et très difficile à trouver pour un mois, puis refaire un changement d’usage un mois après, le tout pour un coût de.... 4000 € / m2 !!!

Enfin j’attire votre attention sur le fait que les touristes ne représentent que 4% du taux d’occupation des appartements loués en coute durée (Etude Opinion Way et APUR). Le reste du temps (96%) nous louons à des familles en situation d’urgence (divorces, violences conjugales...) ou encore à des cadres en déplacement professionnel à Paris pour plusieurs semaines ou plusieurs mois, ou enfin à de nombreux étudiants en stage. Que devons-nous faire désormais de ces personnes mises à la rue par cette réglementation ?


le 23 octobre 2012 - 14h15, par hodreho

La gentrification est un problème complexe : il y a aussi les gens qui gagnant le smic, un peu plus des fois ; locataires (ou pas) louent leur logement pour joindre les deux bouts....(payer leur loyer par exemple)... dans cette ville ultra couteuse


le 11 octobre 2012 - 16h40

Pour info : "Belleville" est chanté par Pigalle (le groupe de François Hadji-Lazaro), pas par Java


le 9 octobre 2012 - 18h39, par guacamole

il faut penser aux propriétaires qui s’inquiètent d’être payés en fin de mois ; ce ne sont pas toujours les plus riches qui subissent les impayés ; alors le communisme, bloquer les loyers, obliger à louer, on peut en discuter, mais que les mauvais payeurs, malhonnêtes ou ruinés, ne soient pas pris en charge au hasard par quelques "petits propriétaires" mais par la collectivité, c’est ça l’état non ?


le 9 octobre 2012 - 16h16, par al faraby

"Emad est paysan palestinien..."
"de ces gens-là, y en a de moins en moins, faute de terre à cultiver"
"la terre ?"
"elle est confisquée... elle est occupée et sur la quelle des colons s’installent"
"et que font ces colons ?"
"ils mettent le feu aux oliviers sur la terre encore inoccupée"
"pourquoi ?"
"pour décourager ceux qui, comme Emad... résistent"
"puis, ce Emad-là... caméra au poing a filmé tout ça"
"à voir ce soir, mardi 9 octobre, à 20h30 sur France 5, avant le repas... ou après le dessert... c’est selon"
"... !?"
Al Faraby
Mardi, 09 octobre 2012
www.assawra.info/spip.php ?article1128


le 9 octobre 2012 - 15h51, par guacamole

il faut penser aux propriétaires qui s’inquiètent d’être payés en fin de mois ; ce ne sont pas toujours les plus riches qui subissent les impayés ; alors le communisme, bloquer les loyers, obliger à louer, on peut en discuter, mais que les mauvais payeurs, malhonnêtes ou ruinés, ne soient pas pris en charge au hasard par quelques "petits propriétaires" mais par la collectivité, c’est ça l’état non ?


le 9 octobre 2012 - 09h30, par françois

"Que l’Etat fixe une réglementation sur le coût des loyers ? Cela s’appelle le communisme, Madame."

Eh oui.

Et alors ? Tout le monde ne prend pas cette remarque ni pour une insulte ni pour ce qu’elle était sensée être : une manifestation flagrante de volonté de couper court à toute discussion. Autrement dit, cet agent immobilier de la FNAIM vient de gagner - j’imagine, sans le savoir - un joli point Godwin. Et à mon avis, en entendant le discours, il ne devait pas en être à son premier.

archives "non-officielles" de l' émission de Daniel Mermet "Là-bas si j'y suis" diffusée sur France Inter

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