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La décennie - le cauchemar des années 80 (2) : 1981-1983
Le mardi 10 avril 2007


Une émission préparée par Renaud Lambert
La mèche au vent, les manches retroussées, le jeune "French Doctor" Kouchner se fait marin pour un nouveau combat : celui du "bien" contre le "mal".
Grâce à lui - et à tous ceux qui lui ressemblent -, le monde devient plus simple... "parce que les choses sont plus complexes que ça" nous dit-on.
Plus complexes que ne se l’imaginaient les "étudiants" de Mai 68 (les ouvriers soixante-huitards", eux, n’ont jamais existé.)
Comme Daniel Balavoine qui s’adressait au candidat Mitterrand en 1980 comme à une "grande personne", les jeunes sont devenus "adultes". On leur explique que lutte et conscience de classe n’existent pas. Que leurs idéaux n’étaient finalement que l’expression d’une immaturité juvénile, un prurit que la pommade "raisonnable" des pédagogues apaise efficacement.
Plus complexes que ne le suggère les "archaiques" car c’est la technique et la technologie qui nous propulsent vers la fin de l’Histoire et des idéologies.
Plus complexes que ne l’imaginent ceux qui s’osent encore à la critique car, finalement, la crise est une aubaine, une phase de transition inévitable : une "nécessité".
Ceux qui l’acceptent -les "adultes", les "experts", les "gagnants" -, qui forment le camp du "bien".
Les autres ont de la chance : le camp du bien sait se faire pédagogue.


A réécouter sur La-bas.org :
-  « Vive la crise : pédagogie de la soumission », le 26 juin 2006
-  « Libération - de Sartre à Rothschild », actualisée le 15 janvier 2007


A lire :
-  Lettre ouverte à ceux qui sont passés du Col Mao au Rotary, de Guy Hocquenghem
-  La décennie, le cauchemar des années 80, de François Cusset
-  Le grand bond arrière et Quand la gauche essayait, de Serge Halimi
-  Et la vertu sauvera le monde et Fonds de pension, piège à cons, de Frédéric Lordon
-  Journalistes précaires - Journalistes au quotidien, sous la direction d’Alain Accardo, avec une longue contribution de Gilles Balbastre
-  Libération - de Sartre à Rothschild, de Pierre Rimbert


Et aussi :
-  D’une révolution conservatrice et de ses effes sur la gauche française, de Didier Eribon
-  Une nouvelle vassalité : Contribution à une histoire politique des années 1980, d’André Bellon




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le 26 octobre 2008 - 16h49, par Jean-Luc

Emissions vraiment très instructives.
Comme beaucoup de Français, j’ai très mal vécu ce renoncement de la gauche face aux idéologies libérales. Cela ne partait donc que d’une volonté de durer politiquement : tout les moyens sont bons, même renier sa culture, son histoire, ses militants.
Maintenant les héritiers de cette stratégie sont empêtrés dans leur paradoxes : "je suis de gauche, mais pour l’économie de marché", "je suis contre le libéralisme sauvage, mais comment changer de direction sans piétiner la doctrine des socialistes des années 80 ?" "Et si je ne change pas de direction, je suis un socialiste sans contenu, en définitive un néo-libéral".
A moins qu’ils soient tellement dans cette logique de "le pouvoir coute que coute" .
Je crois que le référendum sur le traité Européen est significatif : les socialistes n’ont pas laissé de place aux autres idées, eux qui doivent être progressistes ont été les porteurs de la pensée unique, associé aux partis de droite : il ne s’agissait pas de trouver le bon projet mais de poursuivre la marche aveugle en avant.
Aujourd’hui les socialistes payent ce manque de lisibilité : qui sommes nous ? que voulons nous ? sommes nous avec les salariés, avec les personnes en difficultés ? Ou sommes dans la gestion des grandes entreprises, du coté du capital, dans le laisser faire économique ?


le 1er octobre 2008 - 22h51, par coucou

Merci de l’avoir mis aussi vite en ligne.
J’espère que vous êtes payés pour ce site.


le 18 juin 2008 - 17h40, par Mathieu de Paris

Bonjour,
Dans l’émission sur les Années 80 du 10 avril 2007, on parle d’une certaine Dominique Frischer qui glorifiait les "Faiseurs de fric" type Tapie dans des émissions en 1983. Voici ce qu’elle a écrit récemment (octobre 2006) :
"Ce livre, publié en mars 1977 et suivi de plusieurs éditions successives, m’a été inspiré par la vogue grandissante de la psychanalyse à partir des années 70 dans le sillage du désenchantement qui a succédé à mai 68 (...)
Pour faire court disons qu’un certain nombre de personnes entre 20 et 35 ans se sont mis à aller mal après l’effondrement des idéologies (communisme et maoïsme). Autrement dit, aussi longtemps que le militantisme canalisait leur énergie, certains d’entre eux avaient pu mettre entre parenthèse leurs problèmes personnels qui les ont submergés ensuite comme si après avoir renoncé à changer le monde, ils avaient été en quelque sorte rattrapés par leurs problèmes. La psychanalyse étant de plus en plus à la mode et omniprésente dans le discours ambiant, la seule alternative qui s’est alors présentée à un certain nombre de ceux qui allaient mal fut de s’orienter vers la psychanalyse, et pour une minorité vers la religion.
N’oublions pas que mai 68 avait insisté sur l’épanouissement personnel, la sexualité libérée, la jouissance tous azimuts, l’expression de la créativité, donc, pour compenser en quelque sorte le désenchantement politique et la sortie du collectif, certains ont misé à fond sur des valeurs de développement individuel. Ainsi, après avoir violemment critiqué la société de consommation, bon nombre d’ex révolutionnaires se sont ensuite réfugiés sur les divans pour devenir aptes à en profiter davantage."
En gros, après avoir renoncé à changer le monde, les renégats genre Serge July et Roland Castro se sont mis à contempler frénétiquement leur nombril. Avec le succès que l’on sait, pour eux et malheureusement aussi pour les autres. Bien évidemment, le populo qui n’a été ni communiste ni maoïste, mais qui voulait simplement une vie meilleure, en a été pour ses frais (chômage, libéralisme, etc).
Le cauchemar des années 80 continue ! Nous ne sommes toujours pas libérés des intellos jaunes et des politiciens libéralo-retors !
La lutte continue !
P.S. : mille excuses, mais je suis incapable de faire un lien. Vous trouverez le texte complet sur www.ethnopsychiatrie.net (sinon, cherchez sur Gogol).


le 10 avril 2007 - 22h42, par Johann

Mille mercis aux géniaux tenanciers de cet extraordinaire site qui renoue avec la raison d’être du média Internet. Ce site est indispensable.

archives "non-officielles" de l' émission de Daniel Mermet "Là-bas si j'y suis" diffusée sur France Inter

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